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Bulletin Cantonal de La Tour du Pin N° 11 décembre 1938

        Histoire paroissiale de Montceau _ Cette église est due aux sacrifices généreux de la paroisse de Montceau et au dévouement d'une modeste et sainte fille. Mlle Marie ASTIER, qui sut si bien surmonter les mille difficultés que rencontrent de telles entreprises.
Pour conserver la mémoire de cette âme généreuse il est à propos d'inscrire ici la notice de sa vie publiée dans « l’Écho de Fourvière » du 30 octobre 1875 sous ce titre :

« Une chrétienne »
Dans une paroisse isolée du diocèse de Grenoble, vient de s’éteindre une humble ecistence remplie de mérites. Françoise Marie ASTIER, pauvre des biens de ce monde, mais riche en vertu, s'est dévouée à toutes les bonnes œuvres et on peut dire avec justesse qu'elle a passé en faisant le bien. Elle a montré surtout ce que peut l'esprit de la foi qui transporte les montagnes.
Douée d'une grande fermeté de caractère , elle n'a pas craint d'entreprendre ce qui humainement eut été impossible. Pleine de zèle pour la maison de Dieu, elle souffrait de voir la pauvre église de son village tomber en ruines, et avec elle la foi et les bonnes mœurs de son pays. Mais que faire pour élever au bon Dieu une maison digne de lui ? On sent, il est vrai, le besoin d'une église, mais où trouver les fonds nécessaires pour l'édifier ? Marie ASTIER est pauvre et la paroisse est sans ressources. Le vénérable pasteur est malade et impotent (cela nous rapporte à l'année 1859 environ) et par conséquent au pastorat de M. l'abbé Louis VEYRON qui n'a pu voir la bénédiction de la nouvelle église en 1869, c'est l'abbé Régis VEYRON qui lui a succédé en 1868) (à suivre)

Bulletin Cantonal de La Tour du Pin N° 3 mars 1939

   
Histoire paroissiale de Montceau, une chrétienne (suite)
Marie ASTIER ne se rebute point. Comme inspirée du ciel, elle se fait mendiante pour l'église, et la voilà implorant à toutes les portes, le denier du riche et l'obole du pauvre, pour exécuter son pieux projet ; ni le froid, ni la chaleur, ni la parole dure de l'impie, ni le refus de l'égoïste, rien ne l'arrête. Profondément touchés de tant de dévouement, les habitants de Montceau souscrivent généreusement selon leurs moyens, et on arrive à la somme de 12.000 francs en argent ou en nature. C'est beaucoup pour des pauvres laboureurs, vivant du travail de leurs mains, mais pas assez pour construire une église.
Marie abandonnera-t-elle son projet ? Non, car son amour pour Dieu et son pays est trop grand pour s'arrêter. Une idée lui vient : c'est d'aller quêter à Lyon, la ville des bonnes œuvres, où elle trouve un accueil cordial chez M. ASTIER son parent et chez M. ALLEMAN, jeune homme plein de dévouement. Non contents de lui donner eux-mêmes largement, ils l'introduisent auprès d'âmes charitables. Des compagnes d'enfance habitant Lyon secondent ses efforts. Par elles elle fait connaissance d'une dame généreuse, âme d'élite se multipliant pour faire le bien. Mad. MARGERAND touchée du piteux état de la vieille église de Montceau, fait immédiatement l'acquisition d'un emplacement pour la nouvelle et donne plus généreusement encore pour la bâtir.

H. BARTHELEMY curé
Les Godas 2 Chemin de la Chapelle
38300 RUY-MONTCEAU
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